Burkina Faso : remonter le courant

Quand plusieurs contraintes s’additionnent, la tentation est de tout traiter à la fois. Le texte propose l’inverse : ordonner, prioriser, séquencer. D’abord, le constat : héritages institutionnels mal adaptés, cycles d’autoritarisme, resets administratifs, pression sécuritaire, base productive étroite, coopérations régionales hétérogènes. Ce faisceau n’écrase pas la décision ; il en trace la marge de manœuvre.

Le cœur du document est un diagnostic intégré : sécurité, économie, institutions se nourrissent. Sans sécurité, les services publics ne tiennent pas ; sans services, la reconquête s’érode ; sans gouvernance stable, l’économie n’entraîne pas. La réponse prend la forme de paquets d’action au lieu de mesures isolées.

Premier paquet : sécurité à effet local. Coalition régionale, dispositifs communautaires, ciblage opérationnel ; évaluation mensuelle de l’accès aux services retrouvés. Deuxième paquet : Pacte 2035. Conférence d’orientation, plan chiffré, arbitrages trimestriels publics ; continuité administrative garantie. Troisième paquet : économie d’entraînement. Filières agricoles productives, services essentiels, articulation avec la sous-traitance minière ; accompagnement de champions domestiques.

Ce n’est pas un catalogue, c’est une trajectoire : pacifier des zones, rétablir les services, remettre la productivité au centre, publier les résultats, corriger vite. La politique n’y perd pas sa part humaine ; elle gagne un mode d’emploi.Pour aller plus loin. Discuter les six nœuds, proposer des engagements vérifiables, organiser la redevabilité par territoire — au trimestre, pas à l’échéance lointaine.