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Bangladesh, Burkina Faso, Cabo Verde : ce que nous retenons de la Série 1

· MAKEDA Intelligence

La première série de MAKEDA Intelligence, Réflexions sur la pauvreté et le sous-développement en Afrique, compte désormais quatre parties. Spéro MENSAH, Ph.D, y a posé une question qui dérange : quelle part de notre retard tient à ce qu’on nous a fait, et quelle part tient à ce que nous nous sommes fait à nous-mêmes ?

Relue d’un bloc, la série dit quelque chose de plus net que chacune de ses parties.

Trois pays qui partaient de loin

En 1960, les pays du groupe témoin se ressemblent à s’y méprendre : six à sept enfants par femme, une mortalité infantile entre 150 et 200 pour mille, moins de 20 % d’alphabétisation. La Partie 1 le montre sans détour : la colonisation a appauvri tout le monde de la même manière. Ce qui s’est passé ensuite, en revanche, a beaucoup divergé.

Le Bangladesh, sans ressources et sans État fort, a doublé son PIB par habitant en dix ans, porté par le textile, sa diaspora et des ONG qui ont misé sur les femmes. Le Burkina Faso a connu une croissance moyenne de 5 % par an, mais son PIB par habitant n’a progressé que de 25,4 % en dix ans : huit coups d’État depuis 1960, et jamais deux présidents élus qui se succèdent dans le calendrier prévu. Le Cabo Verde, archipel sans ressources, est passé de 1 200 à 5 270 dollars de PIB par habitant entre 1991 et 2024, sans un seul coup d’État depuis l’indépendance.

Ce qui fait la différence

Ce ne sont pas les richesses naturelles : aucun des trois n’en a vraiment. Ce n’est pas non plus le régime politique en soi. Le Cabo Verde a connu seize ans de parti unique avant l’alternance, et c’est pourtant pendant cette période qu’ont été posées ses fondations : réforme agraire, reboisement, barrages, école.

Ce qui revient, d’une partie à l’autre, c’est la capacité des élites à s’entendre sur un minimum : la paix civile, la continuité de l’État, et un effort constant sur l’éducation et la santé. Spéro Mensah le formule ainsi dans la Partie 4 : la réduction de la pauvreté dépend moins du type de régime que de l’engagement des dirigeants envers un pacte national de développement.

Une conclusion qui n’absout personne

La série ne s’achève pas sur une recette. Le Bangladesh paie son décollage en conditions de travail et en inégalités. Le Cabo Verde entre à peine dans le piège du revenu intermédiaire, avec une dette publique encore lourde. Et le Burkina Faso rappelle qu’il n’existe pas de pays qui se soit développé par hasard.

C’est, au fond, le fil de la série : l’histoire explique beaucoup, elle n’excuse pas tout. Les quatre parties sont en accès libre, en synthèse et en PDF, dans la rubrique Publications.

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